Le N1X, la première puce PC de Nvidia
Dévoilé le 1er juin 2026 par Jensen Huang à l'ouverture du Computex de Taipei, le N1X est un processeur développé conjointement avec Microsoft et fabriqué avec le concours de MediaTek. Contrairement aux puces x86 d'Intel et AMD, le N1X repose sur l'architecture ARM, la même famille de jeu d'instructions que celle utilisée par Apple sur ses puces M, ou par Qualcomm sur ses Snapdragon X Elite.
Sur le papier, la fiche technique est ambitieuse :
- 20 cœurs CPU en architecture ARM v9.2, répartis entre 10 cœurs performance et 10 cœurs efficacité.
- Un GPU intégré basé sur l'architecture Blackwell, doté de 6 144 cœurs CUDA — une puissance graphique comparable à celle d'une RTX 5070 dédiée, mais intégrée directement à la puce.
- Jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée LPDDR5X, partagée entre le CPU et le GPU.
Le superchip RTX Spark
Le N1X est commercialisé sous la forme d'un superchip baptisé RTX Spark, destiné à une nouvelle génération d'ordinateurs Windows orientés intelligence artificielle. Nvidia prévoit le lancement de plus de 30 modèles d'ordinateurs portables et d'une dizaine de configurations de bureau, chez des partenaires comme Microsoft, Dell, HP, ASUS, Lenovo et MSI. Les premières machines sont attendues à l'automne 2026.
Nvidia cible en priorité trois publics : les créateurs de contenu, les développeurs travaillant sur l'IA en local, et les joueurs — misant sur un compromis performance/efficacité énergétique que l'architecture ARM permettrait de mieux tenir que les solutions x86 classiques.
Le vrai défi : la compatibilité logicielle
L'architecture ARM reste le principal point d'interrogation de cette offensive. Les logiciels Windows conçus historiquement pour x86 (Intel/AMD) doivent passer par une couche d'émulation pour fonctionner sur ARM, ce qui peut entraîner une perte de performances. Si Windows 11 on ARM existe déjà, tout comme des versions ARM de Microsoft Office et des navigateurs comme Chrome ou Firefox, une large partie du catalogue de jeux PC et de logiciels professionnels reste pensée nativement pour x86 — un frein potentiel pour l'adoption, en particulier chez les joueurs, malgré le ciblage annoncé de Nvidia sur ce public.
Un marché estimé à 200 milliards de dollars
Jensen Huang a chiffré le marché du processeur PC à environ 200 milliards de dollars à terme, un segment que Nvidia entend désormais adresser directement plutôt que de se limiter aux seuls GPU. L'entreprise entre ainsi en concurrence non seulement avec Intel et AMD sur x86, mais aussi avec Qualcomm, déjà positionné sur ARM avec ses Snapdragon X Elite — l'arrivée de Nvidia sur ce segment devrait d'ailleurs mettre une pression tarifaire supplémentaire sur ce dernier.
Ce qu'il faut retenir
Le N1X ne remplace pas les CPU x86 classiques du jour au lendemain : c'est une offre parallèle, pensée pour un usage spécifique (IA locale, création de contenu, efficacité énergétique) plutôt qu'un concurrent direct destiné à tout le monde. Pour un usage gaming classique ou des logiciels professionnels encore ancrés dans l'écosystème x86, Intel et AMD restent pour l'instant les choix les plus sûrs — la vraie bascule dépendra de la rapidité avec laquelle l'écosystème logiciel Windows s'adaptera à ARM dans les mois à venir.


