Le clavier mécanique s'est banalisé, et avec lui une longue liste de termes qui n'aident pas toujours à choisir. Voici ce qui, dans les faits, change quelque chose sous les doigts.

Les trois familles de switchs

Les linéaires descendent sans accroc du haut en bas de la course. C'est le choix majoritaire en jeu, parce que rien ne freine la répétition rapide d'une touche. Les tactiles marquent une bosse au moment de l'activation, utile pour taper sans écraser chaque touche jusqu'au fond. Les à clic ajoutent un bruit franc à cette bosse : agréable pour certains, insupportable pour l'entourage.

Deux chiffres décrivent ces switchs : le point d'activation, c'est-à-dire la profondeur à laquelle la touche est enregistrée, et la course totale. Un point d'activation plus haut rend la frappe plus nerveuse, mais aussi plus sujette aux appuis involontaires.

Les switchs magnétiques changent la donne

Apparus sur le haut de gamme puis descendus en gamme, les switchs à effet Hall mesurent la position exacte de la tige au lieu de constater un contact. Cela permet deux choses réellement utiles : régler soi-même le point d'activation touche par touche, et bénéficier du rapid trigger, qui réarme la touche dès qu'elle remonte de quelques dixièmes de millimètre au lieu d'attendre son retour complet.

Pour les jeux qui demandent des relâchements et réappuis très rapides, c'est le progrès le plus tangible de ces dernières années. Pour de la frappe de texte, l'apport est nul.

Ce qui fait le son : tout sauf le switch

C'est le point le plus contre-intuitif. Le bruit d'un clavier vient surtout de la structure : matériau de la plaque, présence de mousse entre la plaque et le circuit, rigidité du châssis, et surtout qualité des stabilisateurs sur les grandes touches.

Un stabilisateur mal ajusté sur la barre d'espace gâche un clavier à 200 € plus sûrement qu'un mauvais choix de switch.

Un clavier monté sur joints, dont le circuit repose sur des amortisseurs plutôt que d'être vissé au boîtier, offre une frappe plus souple et un son plus sourd. C'est aujourd'hui le montage le plus recherché.

Hot-swap, keycaps, format

  • Le hot-swap permet de changer les switchs sans souder. Utile si vous hésitez encore sur vos préférences.
  • Les keycaps en PBT résistent mieux au lustrage que l'ABS, qui devient brillant à l'usage. Le PBT sonne aussi un peu plus sec.
  • Le format se choisit d'abord selon la place voulue pour la souris : un TKL ou un 75 % libère plusieurs centimètres, ce qui compte pour qui joue en basse sensibilité.

Et les 8 000 Hz de fréquence d'interrogation ?

Passer de 1 000 à 8 000 sondages par seconde fait tomber le délai théorique d'interrogation de 1 ms à 0,125 ms. Sur un écran à 240 Hz, une image dure 4,2 ms : le gain existe, il est mesurable, et il est très largement en dessous du seuil de perception. À l'inverse, le coût en consommation processeur et, en sans-fil, en autonomie, est bien réel. C'est un argument commercial avant d'être un critère d'achat.